La foi est-elle un médicament ?

15 mars 2014
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Un nombre croissant de chercheurs l’affirment : la pratique religieuse améliore l’espérance de vie. Dans plus de 250 hôpitaux et cliniques du monde, on soigne anxiété, phobies, dépression et douleurs par des pratiques religieuses ou issues des spiritualités orientales. Prier peut-il guérir les maladies ?

Les croyants vivent plus longtemps

FoiSerait-il plus raisonnable de croire en Dieu que d’être athée ? Du point de vue médical, beaucoup de chercheurs pensent que oui. Dans le monde anglo-saxon, on ne compte plus les études faisant état d’une santé améliorée chez ceux qui ont une pratique religieuse, toutes croyances confondues.

En 2006, aux États-Unis, une équipe de chercheurs de l’université de médecine du Mississipi avait mesuré la santé cardiovasculaire de 5 300 Noirs, religieux ou athées. Résultat : les personnes qui fréquentaient un lieu de culte avaient une pression artérielle significativement plus basse que celles qui n’avaient aucune activité religieuse.

Plus récemment, une autre étude américaine montrait que la fréquentation des églises était reliée à une espérance de vie augmentée de 7 ans.

En 2011, un organisme britannique, la Confrérie médicale chrétienne (Christian Medical Fellowship) a publié une synthèse de 12 000 études et 400 examens médicaux menés depuis 25 ans dans le monde au sujet des liens entre foi et santé. Bilan : pour 81 % des études, la pratique religieuse est corrélée avec un bien-être et un optimisme accrus. « Les personnes ayant une croyance religieuse affichent des taux plus faibles de dépressions, une récupération plus rapide en cas d’épisode dépressif et des taux de suicide, d’anxiété, de psychose, d’alcoolisme, d’usage de drogue, de délinquance et de criminalité plus faibles », affirment les auteurs de l’étude.

Un avis confirmé par le National Institute of Aging américain qui a publié dans l’International Journal of Psychiatry in Medicine et le Journal of Gerontology, deux études établissant une corrélation entre la pratique religieuse des plus de 65 ans et une faible consommation de tabac et d’alcool, une vie culturelle et sportive plus intense et une espérance de vie accrue.

Comment la foi influence le corps et l’esprit

Que se passe-t-il chez les croyants pour donner de tels résultats ? Pour le savoir, des neurologues de l’université de Toronto au Canada ont scanné le cerveau de nombreuses personnes, croyantes ou non, tandis qu’elles étaient soumises à des tests mentaux. Les volontaires devaient répondre à des questions, puis la bonne réponse leur était donnée. Résultat : le cortex cingulaire antérieur, une zone cérébrale dont la fonction est d’anticiper l’avenir et de nous signaler si les faits sont conformes à nos attentes, s’activait fortement en cas d’erreur chez les athées et nettement moins chez les croyants.

Pour leurs auteurs, ces expériences ont permis d’établir que la croyance réduit la réaction cérébrale à l’imprévu, ce qui induit une moindre tension psychologique.

« Dans la plupart des systèmes de croyance, disent-ils, un événement non conforme aux attentes peut toujours être reconsidéré et interprété en fonction de la foi ». « A condition de croire en un Dieu d’amour et non en un Dieu punitif ! », souligne Harold Koenig. Pour le spécialiste, « Les patients qui se disent « mal aimé de Dieu » ou qui « attribuent leur maladie au diable » ont un risque accru de mourir dans les deux ans. Les malades ont besoin qu’on évalue leurs attitudes spirituelles pour anticiper leurs possibles effets négatifs ».

Pour le radio-oncologue Christian Boukharam, l’important n’est pas ce à quoi nous croyons mais le fait de croire. Ce professeur de l’université de Montréal est l’auteur du livre Le pouvoir anticancer des émotions qui a eu beaucoup de succès au Québec. « Croire nous permet d’accéder à l’état d’amour, qui n’est autre que le pouvoir d’auto-guérison décrit par tant de psychologues, de médecins, par Hippocrate lui-même », note le médecin.

Et par Jésus-Christ ? Un détour du côté des évangiles semble le confirmer. Quand ces derniers attribuent des miracles à Jésus, c’est la foi qu’ils mettent en avant. Au paralytique qui se lève de sa civière, aux dix lépreux qui sont venus au-devant de lui, à l’aveugle qui mendie sur le bord du chemin de Jéricho, le fils de Dieu dit invariablement : « Ta foi t’a sauvé ». Autrement dit, le Christ ne prétend pas guérir les incrédules.

la foiC’est la confiance qui les guérit… Jusque dans les années 60, la plupart des hôpitaux en Occident étaient d’ailleurs tenus par des ordres religieux chrétiens, les infirmières étaient des soeurs qui consacraient entièrement leur vie aux malades, et la prière y tenait une place centrale. Dans la lignée d’un autre radio-oncologiste, Karl Simonton, qui incitait ses patients à méditer dès les années 1970, Christian Boukharam propose à ses patients des séances de yoga et de méditation en complément des soins conventionnels. « Ces différentes pratiques permettent de débrancher le cerveau rationnel qui pense tout le temps et cela provoque une amélioration du système immunitaire et du bien-être. La méditation joue aussi sur l’expression des gènes. C’est une révolution scientifique qui se passe maintenant ! » Pour autant, le cancérologue ne se laisse pas emporter par l’enthousiasme. « Même si des gens, grâce à la méditation, se sont mis à défier les statistiques, il ne faut pas donner de faux espoirs : les émotions font partie de l’équation de la guérison ou de la maladie, mais ce n’est pas quelque chose qui va garantir un miracle. J’espère simplement que ces pratiques vont entrer à l’hôpital. »

La pratique spirituelle à l’hôpital

Des pratiques spirituelles dans les hôpitaux ? C’est ce à quoi s’emploie depuis 1979 Jon Kabbat Zin, éminent psychiatre à l’Université médicale du Massachusetts qui a fondé et dirige la Clinique de réduction du stress. Pour traiter les patients atteints de troubles de l’anxiété et de dépression, Jon Kabbat Zin a mis au point un cursus combinant hatha yoga et méditation. Son programme appelé MBSR (Mindfulness- based stress reduction : réduction du stress fondée sur la pleine conscience), outre la participation de nombreux patients, fonctionne désormais dans pas moins de 250 hôpitaux et cliniques. Les programmes de Jon Kabbat Zin sont inspirés des techniques méditatives orientales, mais sans leurs fondements philosophiques ? Ils sont enseignés dans de prestigieuses universités américaines comme Stanford, Harvard ou Duke. « La liste des maladies où la méditation s’est montrée utile ne cesse de s’allonger », affirme Jon Kabbat Zin, « pas forcément pour restaurer l’organisme comme il était avant la maladie mais au moins pour optimiser la santé au travers de la vie. »

En France où la culture médicale résiste quelque peu à l’idée que l’esprit pourrait guérir le corps, c’est également un psychiatre qui a introduit la méditation à l’hôpital. Christophe André dirige une unité spécialisée dans les troubles anxieux et phobiques au service hospitalo-universitaire de l’hôpital Sainte-Anne de Paris. A la suite d’une rencontre avec le moine bouddhiste Mathieu Ricard, il s’est intéressé à la méditation puis l’a proposée comme méthode de prévention et de soins dans son propre service. Pour autant, le psychiatre n’introduit pas ses convictions religieuses au sein de son institution. Il pratique la compassion et transmet des techniques de pleine conscience. Une laïcisation de la spiritualité que les bouddhistes accueillent avec bienveillance.

Juste retour de la spiritualité dans le monde parfois déshumanisé de l’hôpital.

Source : Alternatif Bien-être

Crédit photos : Fotolia

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"La théorie, c’est quand on sait tout et que rien ne fonctionne.
La pratique, c’est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi."

Albert Einstein

"C'est notre inquiétude, c'est notre impatience qui gâtent tout ; et presque tous les hommes meurent de leurs remèdes et non pas de leurs maladies"

Molière

"L'homme ne meurt pas...
Il se tue !"

Lavoisier

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