Le jeûne et la monodiète

3 septembre 2011
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Le jeûne est considéré depuis les temps les plus anciens et dans toutes les cultures comme un moyen de purification physique et spirituelle.

Au cours du XXe siècle, la pratique du jeûne serait devenue confidentielle en Occident sans l’émergence des courants hygiéniste et naturopathe grâce aux impulsions notamment de l’américain Herbert H. Shelton (1895-1985) et du médecin allemand Helmut Lützner. En France, c’est surtout le jeûne hygiéniste qui a connu un certain essor, notamment grâce au travail d’Albert Mosseri. Les bénéfices du jeûne sont nombreux : outre la perte de poids, une diminution du sentiment de faim, une réduction des phénomènes inflammatoires, une amélioration du sommeil, un meilleur tonus physique et l’impression d’avoir les idées plus claires. D’autres effets sont aussi avancés : une cicatrisation plus rapide des plaies, l’amélioration de la qualité de la peau, l’effacement des rides, la distanciation par rapport aux dépendances ordinaires (café, chocolat, alcool, tabac), la récupération auditive et visuelle, l’arrêt de la progression de certains cancers…

Chaque période de jeûne comporte idéalement trois étapes

1. La préparation, au cours de laquelle on diminue progressivement le volume de ses ingesta autres qu’hydriques. De plus, il est demandé de réduire significativement la consommation des aliments d’origine animale (viande, produits laitiers) et des excitants (alcool, café, thé, tabac).

2. Le jeûne lui-même. Période pendant laquelle ne sont absorbés que de l’eau, des jus de fruits, des bouillons de légumes et certaines tisanes. Les tisanes sont choisies en fonction de leur pouvoir drainant. Par exemple : artichaut, chardon-Marie, fumeterre pour le foie ; fenouil, pissenlit pour les reins ; thym pour les voies respiratoires et le sang. Selon certains, le jeûne doit être stoppé dès que l’organisme est débarrassé de ses toxines, ce qui serait perceptible à certains signes cliniques : langue propre, urines claires, réapparition de la faim.

3. Le retour progressif à une alimentation de volume normal.

On peut également envisager le jeûne un jour par semaine. Là, pas besoin de préparation particulière, si ce n’est l’adoption progressive d’une alimentation biologique de type méditerranéen.

Les monodiètes

La monodiète est de réalisation beaucoup plus facile : le repos, même s’il est conseillé, n’a pas à être observé de façon absolue, la tolérance de la cure est souvent meilleure et la surveillance médicale n’est que rarement indiquée. Quant à sa durée, elle doit être limitée à 3 jours si l’on n’observe que peu de repos.

Le principe est de ne consommer qu’un même aliment, cru ou cuit, pendant un à plusieurs jours, autant de fois que l’on veut, sans limite de quantité.

Les vertus d’une telle pratique reposent sur l’idée que, lorsque l’on mange un seul et même aliment au cours d’un repas, on élimine, alors que si l’on mange peu mais en faisant des mélanges alimentaires, on assimile. L’organisme ne trouve pas dans une monodiète toute la variété des nutriments dont il a besoin, il est donc obligé de les puiser dans ses réserves ou de les synthétiser grâce à des chaînes métaboliques complexes coûteuses en énergie. Le foie est fortement sollicité comme organe de synthèse et d’élimination. Les reins et les autres émonctoires également. Quant à la perte de poids, elle s’explique par le surcoût énergétique.

Les aliments les plus couramment utilisés sont le riz, le raisin et la pomme. Plus rarement la carotte, les fraises, l’ananas et la banane d’origine biologique. Chacune a son intérêt, tout est fonction du terrain et/ou des troubles dont on souffre. Ainsi, le naturopathe Gérard Monsterleet propose les choix suivants :

Revitalisant : fruits et jus de légumes crus, pollen, gelée royale.

Drainant : fruits et légumes cuits, légumes verts, céréales (riz, quinoa).

Donnant l’ancrage : légumes racines (carottes, céleri-rave, betterave).

Cicatrisante des muqueuses : pomme de terre.

En cas de dysfonctionnement hépatique et intestinal : pomme.

Le drainage biliaire : poire.

Terrain inflammatoire ou/et allergique : ananas.

Hyperuricémie : fraise.

Selon la saison on optera pour le bouleau au printemps, pour le raisin en automne et pour l’argousier et le jus de sureau pour se préparer à l’hiver.

Quelle que soit la formule retenue, il est recommandé d’augmenter la consommation d’eau. Il est possible de varier la présentation au cours des cures : on mangera le riz germé ou en galettes, les carottes en jus, crues râpées ou cuites à la vapeur. Idem pour les pommes : crues, cuites, jus, compote (sans ajout de sucre).

Les précautions à prendre

Certaines maladies limitent l’accès au jeûne et aux monodiètes. Ainsi le diabète, les insuffisances cardiaques, rénale et hépatique. Dans de tels cas comme au cours de toute maladie chronique évoluée, le jeûne ne doit pas être entrepris sans contrôle médical. Le jeûne ou la monodiète est carrément contre-indiqué en cas de tuberculose, de maigreur, de maladie chronique trop évoluée.

Dès lors que la durée du jeûne ou de la monodiète atteint une semaine, la démarche n’est pas sans risque (voir ci-dessous) et doit être menée sérieusement et de préférence avec le suivi d’un thérapeute. Mieux vaut aussi anticiper les réactions de son organisme.

Acidocétose : détecter les signes

Si les stages de jeûne d’une semaine et a fortiori de plus longue durée ont un effet thérapeutique, il est préférable d’être encadré par un soignant qualifié. Il peut y avoir un risque, celui d’une acidocétose (empoisonnement par les acides). Une haleine de « bonbon anglais », l’apparition de nausées puis de vomissements, la perte de l’appétit (pas toujours facile à repérer lors d’un jeûne !), de douleurs abdominales, en sont les symptômes principaux. Si le jeûne n’est pas interrompu, l’évolution peut aller jusqu’au coma dont les signes annonciateurs sont l’accélération du rythme respiratoire et une déshydratation évidente (pli cutané notamment).

Tout jeûne sollicite les émonctoires, mais plus particulièrement le foie et les reins. Lors de la première tentative, les signes d’épuration sont souvent pénibles : maux de tête, sensation de manque, éruptions cutanées… c’est pourquoi la phase préparatoire est recommandée afin que l’organisme s’adapte en douceur.

Lors d’un jeûne sur plusieurs jours, la perte pondérable concerne la masse musculaire et la masse grasse. Plus ce type de jeûne est répété, plus le risque de sarcopénie (manque de muscles) augmente. En outre, si à chaque intervalle le poids revient à son niveau habituel trop rapidement, la masse musculaire qui n’est pas récupérée est remplacée par de la masse grasse : en effet, l’organisme, dans sa grande sagesse, emmagasine des réserves en prévision d’une prochaine disette ! Le jeûne peut donc aggraver le phénomène du yo-yo chez les personnes en surpoids. À l’inverse, lorsque dans les intervalles, une restriction calorique continue d’être sévèrement appliquée, apparaît un état de maigreur chronique associé à une psychorigidité.

Tout jeûne ou toute monodiète de plusieurs jours doit être protégé des risques de carence micronutritionnelle et d’épuisement des émonctoires. C’est pourquoi la prise de certains complé­ments alimentaires est recommandée : Desmodium ou chardon-marie pour drainer le foie, artichaut ou cassis pour le drainage des émonctoires

À essayer : la cure de raisin

En France, c’est certainement la cure la plus populaire. Entre les deux guerres mondiales, une fédération des stations uvales qui a compté jusqu’à treize villes s’était même constituée. Ses vertus ont été reconnues par l’Académie de médecine dès 1933 dans le traitement de nombreuses affections comme « la constipation, certaines diarrhées, les congestions hépatiques, la lithiase biliaire, la goutte, bien des affections de la peau, et en général tous les états pathologiques d’arthritisme ». Seule contre-indication retenue : le diabète. En pratique, choisir du raisin biologique – parmi les variétés suivantes dont la peau est peu épaisse : chasselas (blanc) et muscat (blanc ou noir). Ne le consommer qu’au rythme d’une prise toutes les 2 à 3 heures pour une quantité comprise entre 1 et 3 kg par jour. La peau et les grains doivent être avalés. En cas de terrain constipé, un lavement quotidien est recommandé : non seulement il permet une meilleure élimination, mais aussi il évite souvent les maux de tête fréquents au cours des premiers jours. Sa durée, comme toute monodiète, ne devrait pas excéder une semaine. Le retour à une alimentation normale doit être progressif sur une durée au moins égale à la moitié de celle de la cure.

Les variantes à la monodiète

Les obligations professionnelles et familiales sont souvent un obstacle à la réalisation d’une monodiète sur plusieurs jours. Voici d’autres formules.

. La monodiète alternée : à chaque repas, on change d’aliment. Exposant moins à un risque de carence en micronutriments, elle peut souvent être poursuivie une dizaine de jours tout en continuant de travailler.

. La monodiète du soir : chaque soir, le même aliment que l’on peut cependant présenter de façon différente (cuit, cru). Réalisable tout en continuant à répondre à différentes sollicitations quotidiennes. Il est cependant recommandé de ne pas la poursuivre au-delà d’une semaine.

. La monodiète un jour sur sept, répétable à volonté.

 

Avec l’aimable autorisation de

www.principes-de-sante.com
Le journal de la médecine naturelle

(Extrait du dossier réalisé avec le concours du Dr Naïma Bauplé et de Vittoria Siegel dans le n° 36 de juillet 2011)

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One Response to Le jeûne et la monodiète

  1. Adrien on 15 novembre 2012 at 15 h 32 min

    Article très intéressant, la monodiète est un thème super intéressant, et heureusement le public commence à (re) prendre conscience que la monodiète et le jeûne sont une des meilleurs solutions pour lutter contre les agressions dont nous sommes les victimes.
    J’ai lu un autre article hyper intéressant sur le même sujet ici: http://www.fitnext.com/blog/une-monodiete-cest-quoi-a-quoi-ca-sert/

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