Hydrothérapie : l’eau qui guérit !

10 mai 2013
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C’est au début du XIXème siècle que Vincent Preissnitz, paysan de Silésie, posa les bases de l’hydrothérapie moderne. Vincent était encore adolescent lorsqu’il a commencé à s’intéresser aux propriétés thérapeutiques de l’eau. S’étant blessé les doigts, il observa avec surprise un voisin lui montrer comment appliquer constamment des compresses humides froides, pour soigner ses doigts mutilés et en rétablir les fonctions.

Peu après cet incident, le jeune Vincent était en train de charger du foin sur une charrette placée sur une colline lorsque les chevaux s’emballèrent. La lourde charrette lui passa sur le corps. Selon toute apparence, Preissnitz était handicapé à vie,  c’est du moins ce que lui affirma le médecin. Mais il se souvint de la leçon à propos de ses doigts. Audacieusement, il s’efforça de donner à ses côtes affaissées une position plus naturelle et il essaya de nouveau d’appliquer des compresses froides pour soulager la douleur. En se reposant, en buvant copieusement et en pratiquant des enveloppements humides froids, il obtint des résultats au-delà de toute espérance : il guérit complètement. L’hydrothérapie avait été “réinventée”.

L’histoire est constellée de tels succès médicaux isolés, mais ce qui est vraiment extraordinaire ici, c’est que ce jeune paysan, à partir de sa propre expérience thérapeutique, a carrément créé tout un système de soins. La technique de Preissnitz était tellement spectaculaire qu’elle a immédiatement imposé le respect et suscité l’intérêt des autres villageois.

Ayant des problèmes de santé très variés à résoudre, il a pu faire l’expérience de remèdes populaires, de principes que des étrangers venus de loin lui ont fait découvrir et de ses propres variations. Comme il était tenace et qu’il avait l’esprit analytique, il a mis au point un grand nombre de techniques nouvelles faisant appel à l’eau : compresses et enveloppements simples ou doubles, aspersions, immersions partielles ou totales et, bien évidemment, les célèbres douches froides.

La réputation de ce paysan extraordinaire qui pouvait accomplir des miracles avec de l’eau s’est rapidement propagée. Des centaines de malades sont accourus de tous les coins de l’Empire Austro-Hongrois et, sous la direction de Preissnitz, chaque maison du village de Grafenberg a été transformée en mini-centre de cure.

Bien que les techniques de Preissnitz aient fait beaucoup de disciples, elles ont également soulevé de nombreuses controverses parmi les médecins praticiens, qui ont fini par le traîner devant les tribunaux. Non seulement Preissnitz a gagné son procès, mais le baron Turkheim, premier médecin de l’Empire, est venu le voir pour observer ses méthodes et a déclaré à l’Empereur qu’elles étaient efficaces. Preissnitz se retrouva donc sous la protection de la Couronne. Par la suite, il reçut des visiteurs de tous les pays.

L’un de ces visiteurs, le Dr Erasmus Wilson, disciple de Preissnitz, a noté que celui-ci était à même de concevoir ces méthodes simples et complexes à la fois “du fait que son esprit n’était pas obnubilé par les impossibilités médicales de telles pratiques ».

Preissnitz n’a rien écrit à propos de ses techniques. Ce sont des hommes cultivés et des médecins qui étaient venus observer son système qui l’ont fait. Preissnitz a eu une influence surprenante sur des disciples anglais, allemands, parfois scandinaves ainsi qu’américains, mais ce n’est qu’avec la venue de Sébastian Kneipp que l’hydrothérapie a pris une dimension réellement internationale.

Kneipp est né en Bavière en 1821, quelques années après Preissnitz. Jeune homme faible et délicat, il s’était promis à la prêtrise depuis sa plus tendre enfance. Cependant, des maladies à répétition firent obstacle à ses études et à ses activités.

Pendant l’une de ses longues et nombreuses convalescences, il trouva une brochure qui expliquait l’usage de l’eau froide pour fortifier le corps et le rendre résistant aux maladies. Cette idée électrisa Sébastian Kneipp. Bien que l’on fût au cœur de l’hiver bavarois, Kneipp se rendit à la rivière, dans laquelle il plongea. Déterminé à prendre des forces, il renouvela son plongeon glacial tous les jours. En peu de temps, il devint nettement plus résistant. Il acquit rapidement une endurance et une vigueur extraordinaires, qu’il conserva durant sa longue vie active de prêtre. L’eau froide et l’hydrothérapie firent de lui un héros de son temps.

Sébastian Kneipp a simplifié certaines des techniques de Preissnitz. Il a aussi développé l’idée qu’on peut renforcer l’organisme en marchant soit dans de l’eau froide, soit sur de l’herbe mouillée. Nous devons à ses activités cliniques une nouvelle série de techniques novatrices en matière d’hydrothérapie.

Kneipp était aussi un herboriste actif qui a allié de nombreux soins par les plantes à des techniques faisant appel à l’eau. Ses apports les plus importants ont consisté à employer des herbes peu coûteuses telles que le mélilot et la paille d’avoine, dans un but de désintoxication.

Ayant expérimenté diverses techniques thérapeutiques pour un grand nombre de maladies, il a été particulièrement actif auprès des enfants. Il est l’inventeur de la “chemise de nuit” mouillée qu’on trempe dans de l’eau salée ou qu’on additionne de mélilot : il s’agit là d’une des clefs de voûte de son traitement des maladies infantiles.

À la suite de Kneipp, un grand nombre d’éminents scientifiques anglais, allemands et américains ont fait des recherches sur l’action thérapeutique de l’eau sur l’organisme. Ils ont constamment observé et noté l’action clinique de l’eau sur des enfants et des adultes, qu’ils ont guéris d’affections chroniques ou aiguës, grâce à l’hydrothérapie.

(Extrait du livre de Dian Dincin Buchman : Guérir par l’eau, éditions LMV)

L’eau est tellement présente dans notre vie et dans notre environnement qu’on a complètement oublié à quel point elle est utile à la vie et comment, aussi, elle peut soigner.

On a tous présent à l’esprit l’image des rugbymen français qui plongeaient leurs jambes dans un baquet d’eau glacée avant d’affronter le combat ou celle de ces Russes, présentés par les médias comme un peu fantaisistes, qui cassent la glace pour se plonger dans une eau glacée de laquelle ils sortent revigorés.

On se souvient qu’Hippocrate faisait boire de l’eau pour réduire la fièvre et pour soigner de nombreuses affections ; les thermes, d’ailleurs, n’était-elle pas utilisées dans tout l’empire romain ?

On n’a pas oublié non plus les fameux bains de siège qui ont permis aux bien-pensants de se moquer de Rika Zaraï ; pourtant ce sont ces mêmes bains de siège que Louis Kuhne utilisa avec beaucoup de succès dès la fin du XIXe siècle.

Et Marcel Violet qui, sans être thérapeute, a tenté d’expliquer avec des succès reconnus les pouvoirs extraordinaires et les bienfaits de l’eau.

Il est vrai que la médecine moderne propose des thérapies plus rapides et plus faciles à utiliser mais il est important d’être conscient de tous les bienfaits que peut nous apporter l’eau (qui, elle, ne comporte pas d’effets secondaires).

C’est le principal intérêt de l’ouvrage de Dian Dincin Buchman :

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3 Responses to Hydrothérapie : l’eau qui guérit !

  1. Eléaz van der Toorn on 21 octobre 2013 at 12 h 16 min

    I have a question, and please respond.

    I would like to know where to buy this water, because i have some eczema.

    I am looking forward to your reply.

    Eléaz van der Toorn

    • Svelte on 21 octobre 2013 at 17 h 17 min

      Vous pouvez vous procurer l’eau de Marcel Violet auprès du laboratoire Marcel Violet, 82, rue Saint Lazare, 75009 Paris

  2. mohamed on 3 décembre 2015 at 22 h 00 min

    Est ce que l’eau froide peut guérir lr rhumatisme psoriasique

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Vieillir en bonne santé

Citations :

"La théorie, c’est quand on sait tout et que rien ne fonctionne.
La pratique, c’est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi."

Albert Einstein

"C'est notre inquiétude, c'est notre impatience qui gâtent tout ; et presque tous les hommes meurent de leurs remèdes et non pas de leurs maladies"

Molière

"L'homme ne meurt pas...
Il se tue !"

Lavoisier

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