Etes-vous un « bon » malade ?

17 mars 2013
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Le thème de la médicalisation de la vie et de la société remonte au début du siècle passé. Jules Romains l’avait bien compris, en créant dès 1923 le personnage du Docteur Knock qui, dépité par la trop bonne santé de ses concitoyens, organise des consultations gratuites pour dépister des maladies, encourage la diffusion d’informations médicales inquiétantes et prescrit des traitements de longue durée. L’idée a fait son chemin et a été reprise de façon tout à fait sérieuse. En 1976, dans un entretien accordé à la revue économique Fortune, M. Henry Gadsen, président-directeur général de MSD, une des premières firmes pharmaceutiques mondiales, déclare que son rêve est de produire des médicaments pour les bien portants. Ce rêve est aujourd’hui largement réalisé ! Un article paru dans le British Medical Journal du 13 avril 2002 rappelle qu’«on peut faire beaucoup d’argent si l’on arrive à convaincre les bien portants qu’en réalité ils sont des malades».

La peur de la mort et l’angoisse de la maladie ne sont pas nouvelles, Molière s’en amusait déjà. Mais la façon dont elles sont maintenant ancrées dans nos sociétés est nouvelle. Tout est organisé pour faire basculer l’individu du côté de l’inquiétude et donc vers la demande de soins. La médecine moderne promet des actes qui soulagent et améliorent l’état de santé, même si la réalité de la pratique n’est pas à la hauteur de cette promesse. La médecine prétend répondre, de façon crédible et massive, aux attentes des hommes. La force du docteur Knock est de susciter un espoir.[...]

Désormais l’individu et la société sont médicalisés. Pour comprendre la signification exacte de ce nouveau concept, il faut effectuer un retour aux sources. Historiquement la médecine est représentée par les deux filles d’Esculape : Hygie et Panacée. Panacée est la déesse de la thérapeutique, des médicaments ; elle se préoccupe de ce qu’il faut faire quand le mal est là. L’autre fille, Hygie, est la déesse qui veille sur la santé, qui aide à faire ce qu’il faut pour ne pas tomber malade. D’un côté, la thérapeutique, de l’autre, la prévention.

L’action thérapeutique permet de ralentir voire d’arrêter le développement des maladies et de vivre avec elles. La prévention est une arme pour réduire leur apparition, comme la lutte contre la consommation de tabac ou d’alcool (facteurs fortement impliqués dans certains cancers) ou la recommandation d’une alimentation saine et équilibrée (pour éviter des maladies métaboliques). À ces deux pôles traditionnels de la médecine, il faut ajouter aujourd’hui le dépistage, c’est-à-dire la recherche des facteurs de risques pour telle ou telle maladie.

La médicalisation est un processus dynamique: des problèmes jusque-là considérés comme non médicaux sont traités aujourd’hui comme des maladies ou des troubles à part entière. Toutes les difficultés de la vie quotidienne sont supposées aujourd’hui appeler une réponse médicale. Que les problèmes rencontrés concernent la scolarité, la sexualité, la vie conjugale ou le vieillissement, on fait appel au médecin ! Au fil des ans, celui-ci est devenu le nouveau prêtre ou le guide universel.
Les médecins ne contrôlent pas ce processus. Année après année, la médicalisation s’insinue un peu plus dans les esprits. « C’est, au fond, comme si une gigantesque machination avait été montée par des experts en publicité pour que la santé devienne la première préoccupation des gens et se traduise par des conduites adaptées à un seul et même objectif : promouvoir la santé en se protégeant des maladies et des facteurs de risques », constate Pierre Aïach.

Le marché de la maladie s’étend et les profits des entreprises concernées progressent. La communication en direction des médecins et des patients se fait plus agressive, plus sophistiquée, et utilise de nouveaux instruments. Lorsque les firmes pharmaceutiques mettent au point et testent une molécule avec les cliniciens, elles en déterminent les applications thérapeutiques et vont jusqu’à redéfinir les pathologies visées. Autrement dit, à partir de molécules de plus en plus élaborées, on met en relation les propriétés du médicament et les usagers potentiels, on construit un marché, on définit des contours diagnostiques en liaison directe avec la molécule biologiquement active devenue produit manufacturé. En résumé, on construit des maladies pour vendre des médicaments. Le médicament devient un «objet technique».

Dans le domaine de la psychiatrie, cette «technique » marche particulièrement bien. L’apparition des antidépresseurs a façonné le diagnostic de la dépression. On est passé du symptôme à la «maladie du siècle », on a recherché de nouveaux marchés comme les troubles anxieux ou le stress post-traumatique et, à chaque fois, on utilise la même méthode marketing : on définit des symptômes, on montre leur fréquence dans la population, on publie des études cliniques montrant l’efficacité du médicament sur le trouble et on vend du même coup la maladie et le médicament associé.

En prophétisant cette évolution vers un pouvoir exorbitant de la médecine et des médecins, Jules Romains avait vu juste. D’ailleurs, moins de trente ans après la parution de pièce à succès, il a prédit une prise de pouvoir par la médecine qu’il appelle la « iatrocratie» (du mot grec iatros, médecin).

Dans un article paru dans la presse médicale, en 1950, il écrit, sous forme de textes inédits du docteur Knock : « La santé parfaite est une dangereuse utopie, une dictature étouffante et absurde… Les patients sont des gens qu’il ne faut à aucun prix guérir. Le rôle du médecin est au contraire de choisir le trouble, la maladie qui leur convient le mieux, et qui, si possible, les accompagnera fidèlement jusqu’à la mort…


Naturellement, un tel contrôle des patients par la médecine implique une prise de pouvoir, une médicalisation générale de toute la société, la iatrocratie. Si nous laissons les choses aller, les éléments les plus agités de l’humanité ne tarderont pas à se précipiter, et nous avec eux, vers de nouvelles catastrophes mondiales. Seul le médecin peut les mater.
- Comment cela?
- En les mettant au lit ! Quand ils seront tous occupés à prendre leur température entre deux draps, ou avaler des dizaines de comprimés, nous serons plus tranquilles.
- Mais comment et quand prendrez-vous le pouvoir ?
- Je ne vous révélerai pas tout, mais nous sommes en marche. Nous avons déjà l’agent : une épidémie ultrarapide, à expansion universelle, bénigne, mais affolante par ses symptômes et d’une résistance insolente à tous les antibiotiques. Ramasser le pouvoir ne sera alors qu’un jeu d’enfants et, au prétexte de santé publique, nous ne le lâcherons plus. Seul le pouvoir dictatorial du corps médical peut faire le salut de l’humanité. »

Nous y sommes, dans le contrôle médical des patients, sous prétexte de santé publique, et dans le pouvoir dictatorial du corps médical ! En 1975, Ivan Illich écrit Némésis médicale. L’expropriation de la santé. C’est un livre choc ! La première phrase donne le ton : «L’entreprise médicale menace la santé.» Selon lui, le système sanitaire et la médecine moderne rendent malade, font souffrir, voire tuent en raison des effets indésirables des médicaments ou des erreurs médicales.

Il ajoute: «La médicalisation de la vie n’est qu’un aspect de la domination destructrice que le développement industriel exerce sur notre société. » Et il précise sa pensée : « Que les médecins contemporains le veuillent ou non, ils se conduisent en prêtres, en magiciens et en agents du pouvoir politique. »

Ce livre est écrit à une époque où le taux de croissance des dépenses médicales est rapide, où les professions médicales sont en plein essor et s’enrichissent et où, dans les familles, le budget santé augmente. La même année, Jean-Charles Sournia, ancien directeur de la Sécurité sociale et de la direction générale de la Santé, publie un livre, Ces malades qu’on fabrique
,avec un sous-titre évocateur : La Médecine gaspillée (Éditions du Seuil).

Enfin Jôrg Blech, en 2003, connaît un succès avec son livre Les inventeurs de maladies : Manoeuvres et manipulations de l’industrie pharmaceutique, traduit en plusieurs langues (publié en France chez Actes Sud). Il décrit avec précision plusieurs techniques marketing particulièrement efficaces : tout d’abord, il montre que des processus normaux de l’existence (comme la chute des cheveux) sont présentés comme des problèmes médicaux ; ensuite, à partir de l’exemple de la timidité devenue phobie sociale, il montre aussi que des problèmes personnels, psychologiques ou sociaux deviennent des problèmes médicaux ; enfin, des risques sont présentés comme des maladies (il en est ainsi de l’ostéoporose, qui expose au risque de fractures). Le dernier exemple est celui de symptômes anodins présentés comme les signes avant-coureurs de maladies graves, comme le syndrome du côlon irritable, banal spasme colique dû au stress ou à l’alimentation, qui ferait le lit du cancer colique.

Un fil conducteur et une idée sous-tendent tous ces ouvrages: les manipulations et les manœuvres de l’industrie pharmaceutique ont pour but de médicaliser les événements de la vie et même nos émotions et nos sentiments, pour nous faire avaler et consommer toujours plus de médicaments. La stratégie est toujours la même : jouer sur les peurs, inquiéter, créer un besoin, susciter une demande, faire consommer du soin médical ou médicamenteux.

Chacun à sa façon, ces travaux dénoncent la « surmédicalisation de l’existence », la « marchandisation de la santé», le «nouvel hygiénisme», la «santé totalitaire», voire le «fascisme de la santé». Ces formules renvoient toutes à une même doctrine fondée sur une idée fausse : le culte de la santé totale ou parfaite. Comme l’écrit Gianfranco Domenighetti, économiste de la santé à l’université de Lausanne, « Hippocrate semble être peu à peu supplanté par le docteur Knock, plus businessman que médecin. Nous sommes probablement en train de vivre la transition depuis la médecine hippocratique vers celle « knockratique » » («D’Hippocrate à Knock», Agefi Magazine, 29 mars 2010).

Selon le professeur Philippe Even , «plus les traitements sont efficaces et plus les malades sont nombreux. Les pneumologues annoncent que l’asthme a doublé, que l’insuffisance respiratoire ne cesse de croître en nombre et en gravité, les endocrinologues que le diabète a doublé en fréquence en vingt ans, les cardiologues que l’hypertension artérielle touche désormais plus de la moitié de la population adulte, etc. [...] Le vieillissement de la population (de 1980 à 2003, la durée de vie est passée de 74 à 79 ans et les plus de 65 ans de 7,5 à 10 millions), la dégradation de l’environnement et le changement des habitudes nutritionnelles ne l’expliquent que marginalement, d’autant plus que, parallèlement, le niveau de vie a doublé ou triplé en cinquante ans, que les conditions de travail sont beaucoup moins dures qu’elles ne l’étaient dans les années 1950 et 1960 et que l’alcoolisme et même le tabagisme ont reculé. L’essentiel de cet étrange paradoxe vient de tout autre chose. Il vient du triomphe de la prévention, de la précaution, de la protection, de la course au risque zéro et de l’abaissement du seuil de normalité, et du virus de la prévention tous azimuts, qui font reculer les maladies en multipliant les malades et tomber des pans entiers de la population dans l’escarcelle de la médecine».

La thématique de la médicalisation de la vie est ainsi passée en soixante ans de la formule théâtrale du docteur Knock: «Tout homme bien portant est un malade qui s’ignore», à la formule pratique : «On peut faire beaucoup d’argent si l’on arrive à convaincre les bien portants qu’en réalité ils sont malades. »

Créer des maladies, fabriquer des malades, médicaliser la vie : cela n’est pas sans conséquence sur le niveau d’angoisse individuelle et sociale, sur la croissance de la demande de soins et sur les coûts de la santé. La Sécurité sociale dépense des milliards d’euros pour lutter contre la maladie et, dans le même temps, on crée des millions de malades supplémentaires… qui sont inévitablement source de dépenses supplémentaires. Et, sur ce dernier point, certains professionnels de la santé sont particulièrement actifs : les laboratoires pharmaceutiques et les fabricants d’outils de diagnostic travaillent efficacement pour rendre les patients dépendants. Une véritable industrie de la maladie s’est mise en place.

Le pouvoir de plus en plus grand pris par les médecins et la surconsommation médicale (en médicaments, actes biologiques, d’imagerie, etc.) qui en résulte s’expliquent en partie par cette idée (fausse) que la médecine peut tout, que nous pouvons espérer vivre au-delà de 120 ans, que les progrès scientifiques nous donneront une santé totale.

Dans les sondages sur ce qui préoccupe nos concitoyens, la santé est toujours placée en tête et cette obsession gagne de nombreux domaines. On associe volontiers la santé à la jeunesse ou à la beauté puis, dans le domaine des émotions, on l’associe au bien-être et au bonheur. Les triades santé/beauté/jeunesse et santé/ bien-être/bonheur sont bien connues des magazines spécialisés dans la prévention et la santé : alors qu’on dénombrait deux titres en 1970, on en compte plus de quinze aujourd’hui (Top Santé, Réponse à tout Santé, Santé Magazine, Santérama, Santé plus, Prévention-santé, Que choisir Santé, etc.). Dans ces magazines, les maux pris en compte varient à l’infini : comment fortifier vos ongles, éviter les jambes lourdes, limiter les bourdonnements d’oreilles ou les vertiges, lutter contre le manque de sommeil ou le stress, prévenir les cancers, mieux identifier sa personnalité ou ses troubles cardiaques… La mine de sujets est inépuisable!

Dans le domaine du bien-être ou du mieux-être, de nouvelles revues ont vu le jour : Psychologies Magazine, Bien-être et santé, sans compter la presse féminine qui comporte des pages santé à chaque numéro.

En 2007, la prestigieuse revue anglaise The Lancet publiait un texte ironique sur le thème de la médicalisation excessive de notre société et de la transformation de situations humaines banales en problèmes médicaux : «Il était une fois des enfants indisciplinés, quelques adultes timides et certains messieurs qui, étant chauves, portaient des chapeaux. Aujourd’hui toutes ces descriptions peuvent être attribuées à des maladies, des entités ayant des noms, des critères diagnostiques et une série croissante d’options thérapeutiques. »

Pour les troubles de l’attention et de l’hyperactivité, dans les années 1970 aux États-Unis, on estimait que le diagnostic d’attention deficit hyperactivity disorder (ADHD) concernait entre 250 000 et 500 000 enfants. Aujourd’hui, cette «pathologie» touche près de 6 millions d’enfants américains ! Il est possible que, en trente ans, les troubles psychiques chez l’enfant aient connu une hausse, mais le fait que ce diagnostic soit multiplié par 10 pousse à la réflexion et interpelle les médecins. Il me semble que ce sont les intérêts économiques des multinationales pharmaceutiques qui provoquent cette expansion de la sphère pathologique à travers ce que l’on nomme le disease mongering.

C’est une journaliste américaine du nom de Lynn Payer qui a publié en 1992 un livre intitulé Disease-Mongers: How Doctors, Drug Companies, and Insurers Are Making You Feel Sick pour dénoncer les techniques visant à «convaincre des personnes fondamentalement bien portantes qu’elles sont malades ou des personnes souffrant de troubles bénins qu’elles sont en très mauvaise santé » dans le seul but de vendre un médicament.

En avril 2006, une conférence internationale sur ce thème (la fabrication de maladies à des fins commerciales) s’est tenue en Australie. Cette conférence était organisée par David Henry, professeur de pharmacologie clinique à l’université de Newcastle, et Ray Moynithan, journaliste et coauteur de l’ouvrage intitulé Selling Sickness: How the World’s Biggest Pharmaceutical Companies Are Turning Us All into Patients.

Quels sont les moyens à la disposition des firmes pharmaceutiques pour fabriquer des maladies et vendre davantage de médicaments ? On peut, comme nous l’avons vu, médicaliser les événements de la vie (chagrin ou deuil transformés en dépression, etc.), requalifier des troubles bénins en maladies graves ou amplifier la fréquence des troubles en baissant les seuils et les normes. On peut enfin avancer l’hypothèse selon laquelle telle maladie est provoquée par tel mécanisme que l’on sait pouvoir contrôler par tel médicament; pour hypothétique qu’elle soit, cette explication permet de justifier l’usage d’un médicament.

C’est dans le domaine de la psychiatrie, de la sexualité, des maladies chroniques et/ou métaboliques (HTA, diabète, cholestérol, etc.) que ces techniques ont été le plus souvent utilisées, car ce sont des maladies à traitements de très longue durée, souvent à vie ; le début d’un traitement assure au laboratoire un débouché pour plusieurs décennies.

Cette médicalisation et ce pouvoir accru du corps médical s’étendent à des domaines qui autrefois étaient réservés à d’autres milieux : ainsi l’échec scolaire, la solitude ou le mal de vivre, les difficultés conjugales sont analysés et pris en charge par les médecins. Dans le domaine judiciaire, l’expertise médicale ou psychiatrique est de plus en plus sollicitée. Dans les assurances-vie ou l’élaboration des dossiers de prêt bancaire, on fait appel aussi aux conclusions des médecins.

Santé et maladie, normalité et déviance sont les deux faces d’une même pièce. La notion même de santé a une définition élastique. C’est Wendell Philips, qui fut président de l’American Medical Association, qui serait à l’origine de la définition de la santé adoptée par l’OMS, en 1946 : «La santé, c’est non seulement l’absence de maladie et d’infirmité, mais un complet bien-être physique, mental et social. »

En 1926, ce médecin américain écrivait: «Plus de bonne santé débordante, c’est plus de bonheur, de confort, d’utilité et de valeur économique pour l’individu. Nous ne connaîtrons pas de superman sans super-santé.» On associe la santé au bonheur et le bonheur à la santé. Définir la santé comme un état de parfait bien-être physique, mental et social a conduit à la mise en place d’un marché de biens et de services en constante progression. Le label santé est devenu un gage de réussite et se retrouve dans tous les domaines, des produits commercialisés (alimentation) aux services (loisirs et vacances), en passant par le logement et l’habitat, le travail, etc.

Le culte de la santé parfaite a tellement envahi les esprits que la demande de soins, de bilans complets, d’examens de plus en plus sophistiqués émane des bien portants aussi bien que des malades.

Cette idéologie de la prévention repose sur une idée (fausse, répétons-le) ou une croyance (illusoire) que l’absence de maladie grave et le maintien d’une grande forme physique et intellectuelle sont aujourd’hui possibles à condition qu’on agisse selon certains principes d’hygiène de vie. Les progrès de la médecine et l’efficacité des traitements renforcent cette croyance.

Dans l’esprit de nombreuses personnes, le risque «d’attraper» une maladie dépend des comportements individuels, et la prévention amplifie ce mouvement de médicalisation. La peur de la souffrance, du handicap et de la mort accentue ce processus. La menace de maladies comme le cancer ou le sida fait courir des millions de personnes vers les médecins et les laboratoires d’analyses médicales pour dépister la moindre anomalie. On se précipite sur le dosage de PSA (antigène prostatique spécifique) pour rechercher un cancer de la prostate, on effectue un test Hémoccult à la recherche de sang dans les selles pour déceler une éventuelle tumeur du côlon, on dépiste des facteurs de risques cardiovasculaires (cholestérol, triglycérides, etc.), on multiplie les échographies, mammographies, scanners ou IRM à la recherche de la moindre atteinte d’organe pouvant expliquer un trouble. Le moindre mal de tête et c’est le désir de faire un scanner cérébral.

Cette tendance à la prévention et au dépistage met l’individu en première ligne. Il devient le seul responsable de son état de santé. C’est une idée qui fait son chemin et qui a tendance à culpabiliser le malade. Or la réalité est beaucoup plus complexe. Dans l’apparition des maladies, plusieurs facteurs interviennent sans que l’on sache lequel est le plus déterminant. Pourtant, cette responsabilisation individuelle n’est pas sans conséquence sur notre système de santé fondé à l’origine sur la solidarité et la prise en charge collective des maladies.

Le pouvoir de guérir de la médecine moderne fait miroiter un futur sans maladie mortelle et sans vieillissement ; la médecine anti-âge connaît un essor considérable. On cherche à faire reculer le plus possible les signes de la douleur physique ou psychologique par un accroissement de consultations, de prescriptions d’examens ou de médicaments. Certains symptômes sont transformés en maladies, la constipation en colopathie fonctionnelle, une hyperémotivité en spasmophilie ou tétanie, un chagrin en dépression, une appréhension en anxiété, etc.

La médicalisation de la vie se fait à travers la notion de normalité et de déviance. Tout est fait pour chroniciser les malades, c’est-à-dire leur faire prendre un traitement de longue durée, si possible à vie, les entretenir dans leurs symptômes et leur faire subir régulièrement des contrôles cliniques, biologiques et radiologiques.

Avec la médicalisation, on ne tombe pas malade, on le devient !

Texte tiré de l’excellent livre du Docteur Sauveur Boukris :

dans lequel vous découvrirez

Comment on crée de nouveaux marchés pour les médicaments,

Comment on manipule les médecins,

A qui profite la sur-médicalisation,

Etc.

.

« La médecine

a fait tant de progrès

que plus personne

n’est en bonne santé !»

Aldous Huxley

 
 
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"La théorie, c’est quand on sait tout et que rien ne fonctionne.
La pratique, c’est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi."

Albert Einstein

"C'est notre inquiétude, c'est notre impatience qui gâtent tout ; et presque tous les hommes meurent de leurs remèdes et non pas de leurs maladies"

Molière

"L'homme ne meurt pas...
Il se tue !"

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