Du rebouteux à l’étiopathe…

7 décembre 2013
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EtiopathieC’était dans les années 50, je devais avoir 7 ou 8 ans ; toute la famille était réunie chez mes grands-parents et je jouais avec mes cousins et cousines : Nous courrions les uns après les autres autour de la table de la salle à manger. Il y avait au fond de la pièce un poêle à charbon, comme on en faisait en ce temps-là, avec chargement par le dessus au travers d’une plaque de fonte bien épaisse qui faisait rayonner la chaleur. Le passage était étroit entre le poêle et la table et il fallait se déhancher pour passer. Nous courrions de plus en plus vite et pour assurer mon équilibre, au passage devant le poêle, je posais la main, de tout le poids de mon corps, sur la plaque de fonte rougie par la chaleur.

Aïe, Aïïïïe !

La douleur était insupportable ! Les adultes soudain figés me regardaient tétanisés : Quoi faire ? Un premier janvier, on ne trouvera pas de médecin (Personne ne parlait des urgences : On n’avait pas ce réflexe en ce temps-là) ; pendant que ma mère tentait de me soulager avec de l’huile, ou du beurre, je ne sais plus, une tante s’écria soudain :

« Il faut l’emmener chez le Père Antoine ! »

???

« Le rebouteux ?! »

Les adultes se regardaient incrédules (Personne ne connaissait ce Père Antoine) mais mon regard disait :

« Oui, n’importe quoi, mais vite… »

On me jeta dans la voiture familiale, qui accélérait ou ralentissait en fonction de mes douleurs qui passaient d’une sensation insupportable à un apaisement presque complet, avant de sentir la douleur revenir. Je n’ai aucun souvenir de l’itinéraire que nous avons suivi ni du lieu dans lequel nous avons atterri ; Je n’ai plus que l’image extraordinairement précise de ce vieux Monsieur qui, sans un mot, posa ma main endolorie sur sa main gauche et passa sa main droite au-dessus de la mienne, sans la toucher, et qui dit simplement, après quelques secondes :

« Voilà, c’est fini ! »

Dans la voiture, sur le chemin du retour, je comtemplais ma main, incrédule, comme si je venais de me réveiller d’un cauchemar. La douleur avait complètement disparue !

Plus jamais je ne revis ce vieux Monsieur et je confiais mon corps par la suite, raisonnablement, à la médecine officielle. J’ai subi trois opérations chirurgicales ces dernières années (et je conserve beaucoup de gratitude aux trois chirurgiens qui ont fait un travail remarquable) mais je ne peux m’empêcher de penser que si j’avais revu ce vieux Monsieur, je n’aurais peut-être pas eu besoin de me faire opérer.

C’est en tous cas la réflexion que je me faisais en lisant le livre remarquable, et émouvant, de Jean-Paul Moureau : Soigner autrement : Ces mains qui guérissent

Jean-Paul Moureau, découvert par le grand public pour avoir soigné Nicolas Sarkozy, exerce la profession encore méconnue d’étiopathe. L’étiopathie est une thérapie manuelle qui recherche les causes de la pathologie avant de traiter ses symptômes. Cette méthode de soins, héritière des rebouteux, s’appuie uniquement sur les mains et n’utilise aucun médicament. Elle est extrêmement efficace et peu onéreuse.

Le contexte médical d’aujourd’hui

Depuis Claude Bernard, les patients subissent des médecins qui ne les soignent plus, obnubilés qu’ils sont par la maladie, devenue l’objet de toute leur attention. La grille de la médecine a été formatée pour traquer les pathologies. Elle ne s’occupe pas des malades mais des maladies. L’expérience de la palpation se perd, remplacée par les machines et le décryptage des symptômes annoncés. En faculté, l’apprentissage de l’anatomie a été réduit à quantité négligeable. La logique chimique y est souveraine. En consultation, la distance entre le praticien et son patient n’a jamais été si importante. Un soin standard se solde par des conclusions sans explication, tel symptôme, telle affection, tout de suite suivies de l’ordonnance type avec son lot de molécules, ou d’opérations selon le cas. Le rhumatologue traque les déficiences de l’appareil locomoteur. Les ORL, celles du nez, de l’oreille, de la gorge et du cou. Le patient est ainsi découpé par spécialité. Si par malheur il était atteint de plusieurs troubles, différemment localisés, à lui de reconstituer le puzzle. Mais l’ordonnance signée, le voilà déjà raccompagné à la porte : « Merci, au revoir et à bientôt. »

Jean-Paul Moureau définit ainsi l’étiopathie :

« L’étiopathie ne relève pas de cet état d’esprit. Ce n’est pas une discipline à vocation dominante, qui lutte pour ou contre. L’approche de l’étiopathie est un schéma totalement compatible avec toutes les formations médicales existantes. Elle ne néglige rien des recherches les plus récentes en matière de neurosciences, n’enferme pas ses conclusions dans la certitude qu’il n’existe pas d’autres solutions valables.
Elle comporte deux composantes : tout d’abord l’établissement de la causalité pathologique, c’est-à-dire pourquoi le patient souffre de la maladie. Deuxièmement, il y a un temps thérapeutique. Si le traitement peut être fait par moi, en tant qu’étiopathe, je l’effectue. Si j’estime que mon traitement n’est pas adapté, j’envoie le patient à un de mes très nombreux correspondants, médecins, qui le prend en charge. Lorsque je reçois un patient pour la première fois, je dois savoir de quoi il souffre de façon à ce que je puisse établir ma propre causalité, et ce en fonction de notre méthode médicale. Soit le patient m’a été recommandé par un médecin, et alors il me remet un courrier établi par ce praticien ou ce dernier me contacte téléphoniquement, soit le patient est venu de sa propre initiative, conseillé par une de ses relations. Je demande ensuite au patient qu’il m’explique la raison de sa venue en m’exposant ses problèmes. Ayant pris connaissance des documents à caractère médical que le patient a en sa possession, et pour faire suite à ma demande, je procède à un examen clinique de celui-ci. Pour cela, je lui demande d’ôter les vêtements pour découvrir la région douloureuse concernée et je fais allonger la personne sur la table d’examen. Les trois temps de mon examen clinique sont la vision, la palpation et la mobilisation des articulations, malades et voisines de celles-ci. C’est uniquement après ces trois temps d’examen que je peux établir ma causalité, c’est-à-dire expliquer au patient de quoi il souffre, en lui indiquant quelle est sa lésion première.

douleurEn étiopathie, il existe trois types de lésions :

- Les lésions spontanément réversibles qui se guérissent toutes seules avec le temps et en respectant une hygiène de vie plus adaptée.

- Les lésions irréversibles pour lesquelles je ne peux intervenir. C’est le cas des atteintes infectieuses, tissulaires ou chirurgicales graves, comme notamment le cancer ou le sida. Dans ces cas, je me contente de conseiller au patient de voir un médecin spécialiste et je lui indique avec lequel je collabore.

- Et les lésions non spontanément réversibles qui représentent le champ d’action spécifique de mon activité. Il s’agit principalement des lésions ligamentaires et des implications qu’elles déterminent sur le système neurovégétatif. C’est ainsi que je suis amené à traiter essentiellement des sciatiques banales ou paralysantes, des entorses de la cheville, du genou, les lésions vertébrales dorsales. Il est vrai que je suis amené le plus souvent à soigner des problèmes articulaires mais il arrive également que des patients consultent pour des problèmes différents, tels que angine, zona, colites… C’est de l’établissement de cette lésion première que dépend le traitement. Ce dernier consiste dans la manipulation, appelée mobilisation dans notre pratique, des structures bloquées sur un plan ligamentaire pour normaliser l’articulation. Selon le cas du patient, j’effectue des pressions manuelles plus ou moins profondes et appuyées de façon à ce que l’articulation ou l’organe se remette à sa place normale.

En fonction des cas, ce retour à la normalisation de l’organe ou de l’articulation s’effectue, en moyenne, entre une et huit séances. En général, chacune des séances doit être espacée d’environ huit à dix jours.

On peut donc définir cette activité comme étant une médecine mécaniste causale qui utilise une méthodologie scientifique et déterministe. Sur le plan pratique, cette médecine a recours à des moyens thérapeutiques mécanistes et manipulatifs, c’est-à-dire qui se fait avec les mains. Je vous précise qu’il n’est pas question pour moi de faire « craquer » les vertèbres ou les os. Il s’agit au contraire, pour moi, d’effectuer des pressions manuelles ou digitales sur les points réflexes que j’ai déterminés comme étant interférents avec la pathologie du malade. Je vous confirme donc que mon activité d’étiopathe est exclusive de toute prescription médicamenteuse (allopathique, homéopathique ou phytothérapique), recours à des aiguilles d’acupuncture ou de tout autre appareil employé généralement dans les traitements médicaux ou kinésithérapiques. «

L’étiopathie, qui a été légalisée dans la plupart des pays européens et qui devra l’être forcément en France au moment de l’officialisation définitive de l’Europe, n’est toujours pas reconnue en France, en tous cas par l’Ordre des médecins. Elle est pourtant enseignée dans quatre facultés, à Paris, Rennes, Toulouse et Lyon.

Quand vous aurez lu le livre de Jean-Paul Moureau, vous ne regarderez plus votre corps (ni votre médecin…) de la même façon !



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"La théorie, c’est quand on sait tout et que rien ne fonctionne.
La pratique, c’est quand tout fonctionne et que personne ne sait pourquoi."

Albert Einstein

"C'est notre inquiétude, c'est notre impatience qui gâtent tout ; et presque tous les hommes meurent de leurs remèdes et non pas de leurs maladies"

Molière

"L'homme ne meurt pas...
Il se tue !"

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