Cultiver le bonheur

31 août 2013
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Toutes les recherches scientifiques récentes montrent que le bonheur est un gage de longévité en bonne santé. En effet, les personnes heureuses présentent des télomères plus longs. Les télomères sont des petits manchons au bout de nos chromosomes qui diminuent progressivement avec le vieillissement. Plus les télomères sont courts, plus des maladies comme les cancers, la maladie d’Alzheimer ou les maladies cardiovasculaires apparaissent. Il se trouve que, à âge égal, les sujets ayant les télomères les plus longs sont les gens les plus heureux…

Toute la question est de savoir comment être heureux et quantité de livres sont publiés sur ce thème, vous offrant mille et une recettes pour voir la vie en rose. Pour l’instant, le bonheur ne s’enseigne pas dans les écoles, ce qui est dommage. Il existe pourtant une exception : une université américaine propose aujourd’hui des cours sur le bonheur et ce n’est pas n’importe quelle université, puisqu’il s’agit de Harvard, la plus prestigieuse (Voir « ACTUALITES » dans la colonne de droite). Cet enseignement fait salle pleine. Quand on sait que, aux États-Unis, les cours sont payants, on comprend l’immense intérêt des étudiants pour cette nouvelle discipline.

Oui, le bonheur s’apprend et ce n’est pas forcément une évidence que d’être heureux.

Il dépend davantage d’un état d’esprit et d’un regard particulier sur la vie que des circonstances matérielles extérieures. Certains sont heureux avec trois fois rien et d’autres, à la tête d’immenses fortunes, vivant dans des familles aimantes et équilibrées, présentent un état dépressif chronique. Il semble exister une alchimie mystérieuse dont certains jouissent, leur donnant une force et un bien-être immenses. Les événements extérieurs ont peu de prise sur eux, et ils disposent d’une formidable puissance : la capacité d’être heureux dans la plupart des circonstances de la vie. Pour accéder à cet état qui change complètement la donne d’une vie, il faut néanmoins s’astreindre à un certain parcours.

Je propose de vous donner ici quelques outils qui, je l’espère, contribueront à vous aider à trouver votre chemin vers un bonheur durable.

Les équilibres instables

Imaginez des hommes et des femmes qui atteignent enfin leurs rêves. Pendant des mois, des années, ils ont concentré toute leur énergie pour accéder à l’objectif qu’ils se sont fixé, sans lâcher prise à aucun moment. Ils sont sûrs et certains que quand ils l’atteindront, ils toucheront au bonheur absolu, au nirvana pour l’éternité. Plus ils se rapprochent du but, plus leurs désirs montent en puissance. Il peut s’agir d’un amoureux ou d’une amoureuse qui cherche à conquérir celui ou celle à l’origine d’un coup de foudre, un diplôme difficile à obtenir enfin décroché, une fortune faite après de nombreux efforts.

Retrouvons ces personnes ne serait-ce que cinq ans plus tard. Le désir créé par le manque a disparu, l’amour exacerbé par le manque n’est plus le même. Comme des gagnants du loto, ils ne savent plus quoi faire de leur vie, quel sens lui donner quand on a tout ce que l’on peut désirer. Cela devient comme une retraite anticipée où l’univers se rétrécit jour après jour. C’est là tout le paradoxe. On court après un idéal et quand on l’atteint, le puissant moteur du désir s’arrête. Le carburant du bonheur est justement le désir, ce qui complique les choses. Le temps d’une personne heureuse passe vite, très vite. Celui d’une personne qui s’ennuie passe très lentement. Bergson définissait le temps comme le jaillissement ininterrompu d’imprévisibles nouveautés. Cette définition nous ouvre une porte pour apprendre à être heureux quand on a réussi à obtenir tout ce que l’on voulait.

Le mouvement permanent est l’une des clés du bonheur. Cela veut dire se mettre en danger, savoir prendre des risques, redécouvrir le manque pour découvrir de nouvelles sensations. Les changements nous obligent à nous adapter sans arrêt afin de recréer de nouveaux équilibres, de nouvelles façons d’être heureux. Il faut apprendre à se lancer des défis en permanence, rencontrer de nouvelles difficultés à surmonter pour se sentir mieux.

L’histoire n’est jamais finie. Le mouvement de la vie est synchrone avec le mouvement du bonheur. L’immobilité détruit tout, les fonctions intellectuelles, le potentiel musculaire mais aussi l’aptitude au bonheur.

Arrêter le film pour jouir de la scène

Il est essentiel de savoir s’arrêter pour mieux jouir de la vie. C’est l’inverse d’un voyage organisé tout compris, dans lequel vous devez absolument cocher toutes les attractions touristiques sans omettre de faire les photos à l’endroit que l’on vous indique pour immortaliser l’instant. Au retour, vous pourrez dire «j’y étais et je n’ai rien manqué». Je pense que, à la rigueur, la visualisation d’un film sur le pays produirait les mêmes effets.

La clé, c’est justement de savoir s’arrêter le temps nécessaire pour rentrer en résonance avec un paysage, une scène de marché ou le regard neuf d’un enfant. Faites un arrêt sur image et pensez à chacun de vos sens : l’ouïe, l’odorat, la vue, le goût, le toucher… Quelles sont les informations recueillies, que réveillent-elles en vous de particulier ? Concentrez- vous sur les sensations les plus agréables et ne pensez plus qu’à cela. Vous touchez là des petits moments de bonheur et d’éternité. L’essentiel n’est pas de prendre la photo pour la montrer aux autres et la stocker, mais bien de jouir tout de suite de l’instant, de la force du moment présent. La procrastination est le fait de remettre toujours au lendemain ce qui pourrait être réalisé le jour même. Il existe aussi une procrastination du plaisir et du bonheur. Dans votre vie quotidienne, n’oubliez pas de faire des « pauses » régulières : arrêtez-vous sur le chemin de votre travail, humez les odeurs autour de vous, attardez-vous sur le sourire de votre enfant ou goûtez profondément les saveurs d’un bon plat partagé avec des amis.

Cesser de ruminer les points négatifs

Il est démontré que les sujets qui passent leur temps à ressasser de vieilles histoires négatives dont ils ont été victimes ou à penser à tout ce qui est négatif dans leur entourage ou dans leur milieu professionnel diminuent leur espérance de vie. Tourner en rond en repensant sans cesse à ce qui ne vous convient pas use l’organisme un peu plus jour après jour. Bien sûr, il ne s’agit pas de faire l’autruche face à une situation difficile et il convient de l’analyser pour mieux la comprendre, rechercher les solutions pour que les choses aillent mieux.

Dans certains cas, après mûre réflexion, il faut aussi savoir admettre qu’il n’y a pas de solution pour améliorer une situation. Mais après coup, cela ne sert à rien de toujours repartir en boucle sur les mêmes problèmes. Certaines personnes ont tendance à radoter intérieurement en endommageant leurs neurones, et à agacer prodigieusement l’entourage. Savez-vous que dans une étude menée sur le bien-être au travail, les collègues « geignards » arrivaient en tête de liste des inconforts ? Il existe une bonne solution pour casser ce cercle vicieux. Il s’agit tout simplement d’écrire sur une feuille de papier ce qui se passe, ce que l’on en pense, les positions à prendre et à ne pas prendre une fois pour toutes. Vous rangerez ensuite cette feuille, et vous la relirez chaque fois que vous avez tendance à repartir en boucle.

Travailler son bonheur intérieur brut

Le royaume du Bhoutan est un petit pays situé en Asie du Sud. C’est un pays pauvre, qui vit principalement de l’agriculture et du tourisme. Mais il a une particularité. Au Bhoutan, les autorités ont en effet décidé de ne pas parler de produit intérieur brut mais de bonheur intérieur brut. Les marqueurs de bien-être ne sont pas les biens matériels et la richesse des habitants, mais ce qui les rend vraiment heureux. Nous pouvons nous inspirer de la philosophie de ce pays à titre personnel. Le but n’est pas de penser à ce que l’on doit faire, mais à ce qui nous rend vraiment heureux. C’est un effort difficile qui conduit à refaire une deuxième lecture de sa vie. Que ce soit au niveau des loisirs, des personnes avec qui l’on partage notre bien le plus précieux, à savoir notre temps, ou ce que l’on achète en pensant se faire plaisir. Il faut tout repenser par rapport à nos sensations positives. Il s’agit de filtrer ce qui nous rend vraiment heureux et ce qui nous laisse indifférent.

Repensez à la semaine écoulée en sélectionnant ce que vous estimez être les meilleurs moments, ceux que finalement vous souhaiteriez revivre le plus souvent possible. Repensez également à vos différentes vacances, les week-ends, les repas partagés avec d’autres et faites varier le curseur. Vous allez être surpris du résultat. Le bonheur ne se situe pas toujours là où vous l’aviez imaginé…

Cette démarche peut être utile dans les choix auxquels nous sommes confrontés au quotidien, pour se débarrasser des situations dans lesquelles on souhaite juste faire comme tout le monde ou coller aux images des gens heureux projetées par les publicités. C’est une bonne école pour découvrir tout le pouvoir de dire non, pour se protéger et ne pas se dissoudre dans n’importe quoi. Pour ne pas perdre le fil, je vous recommande chaque jour de sélectionner le meilleur moment de la journée, d’y penser très fort pour le faire revenir le plus souvent possible. Concentrez-vous aussi sur ce que vous n’auriez pas dû faire, les pertes de temps inutiles, tout ce que vous ne souhaiteriez pas reproduire dans les jours ou les semaines à venir.

Accepter ses échecs

Tal Ben Shahar, qui enseigne la pratique du bonheur à Harvard, souligne un point important : le droit à l’erreur, à l’imperfection pour arriver à la plénitude. Pendant ses cours, il demande à un étudiant de dessiner un cercle à la craie sur le tableau noir. Le cercle dessiné est parfait. Il lui demande de se souvenir comment il dessinait à l’âge de 2 ans : des pâtés qui essayaient de ressembler à des cercles. C’est à force d’échouer de très nombreuses fois à dessiner des cercles pendant l’enfance que l’on arrive un jour au cercle harmonieux. Il faut admettre les échecs à répétition pour arriver à la réussite et ne surtout pas se décourager. Vous devez accepter que les choses ne marchent pas du premier coup avec sérénité et sans culpabilité. Comprendre pourquoi cela n’a pas fonctionné est essentiel pour progresser.

Lorsqu’un enfant est soumis à trop de pression, il se trouve véritablement anéanti par un premier échec au risque d’entrer dans un cycle d’insuccès s’il se trouve dévalorisé et surtout s’il perd confiance en lui. Il est capital de rechercher les points forts d’un enfant qui vont servir de points d’appui, comme en escalade, en lui communiquant une force pour dépasser les erreurs normales liées à l’apprentissage. L’un des secrets du bonheur se cache peut-être entre les lignes de l’enfance. Ne perdons pas de vue que garder toute sa vie le courage de se tromper et d’accepter les échecs est un tremplin pour aller de plus en plus loin. Il est essentiel de prendre très tôt de bonnes habitudes pour être heureux plus tard.

Le développement des pensées positives est un carburant important pour le bonheur. Recherchez le meilleur de chaque instant présent sans vous projeter en permanence vers le passé ou l’avenir, et évitez de vous fixer des objectifs impossibles à atteindre, pour vous ronger ensuite parce que vous n’y arrivez pas.

Les parents donnent parfois des objectifs pour leurs enfants qui correspondent à ce qu’ils auraient aimé faire eux-mêmes. Ils n’essaient pas de voir l’enfant ou de le comprendre dans ses différences, ils pensent surtout à eux-mêmes. L’enfant est alors vécu comme un vecteur de leur réussite narcissique et sociale, au mépris de sa véritable nature. Il n’y a rien de plus terrible que de passer sa vie à essayer d’atteindre ce qui ne nous correspond pas et qui, de plus, n’est pas à notre portée. C’est dans ces racines que se développent la dépression, l’anxiété et les attitudes compensatoires comme l’excès d’alcool, l’obésité, le tabagisme et la drogue. Le bonheur découle de l’adéquation entre ce qu’une personne est réellement et sa vie. L’objectif est d’être soi-même en essayant de faire le métier que l’on aime, quel que soit le regard des autres, choisir le conjoint qui nous correspond vraiment et non celui ou celle qui fait plaisir à l’entourage, à la famille ou au cercle social. Vous devez être maître de vos choix, sans mauvaises influences ou mauvaises raisons.

C’est tout le chemin à parcourir pour s’aimer et aimer les autres, savoir recevoir, savoir donner et se réaliser chaque jour davantage dans son métier et ses relations aux autres.

 

Extrait du livre du Dr Frédéric Saldmann :


 

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"La théorie, c’est quand on sait tout et que rien ne fonctionne.
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"C'est notre inquiétude, c'est notre impatience qui gâtent tout ; et presque tous les hommes meurent de leurs remèdes et non pas de leurs maladies"

Molière

"L'homme ne meurt pas...
Il se tue !"

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